Fela une voix pour l’Afrique

Diffusé sur Arte ce week-end sous le titre Fela, une voix pour l’Afrique. Le documentaire « Finding Fela » réalisé en 2014 par Alex Gibney est disponible en streaming.

Alex Gibney a choisi pour point de départ la comédie musicale Fela !, présentée à Broadway par le célèbre chorégraphe Bill T. Jones.
Les séquences de répétitions, les commentaires des participants et de nombreux extraits du spectacle en compagnie d’Antibalas (“le seul groupe américain qui me fout la trouille”, avoue Questlove) croisent des interviews avec Femi et Sean Kuti et d’autres membres de sa famille, ses amis, ses musiciens mis en image via une importante somme d’archives.

Né le 15 octobre 1938 à Abeokuta, au Nigeria, Fela Anikulapo Kuti baigne dans la lutte politique dès l’enfance, au contact de ses parents, militants anticolonialistes. Chanteur et saxophoniste talentueux, il invente, avec son groupe Africa 70, un courant musical qui fédère le continent africain et s’exporte dans le monde entier : l’ afrobeat, étourdissante fusion de funk, jazz et rythmes traditionnels nigérians.

Dans les années 1980, l’artiste, adulé par Stevie Wonder ou James Brown, enchaîne les tournées à guichets fermés et mène une vie frénétique de rock star. Mais ses chansons sonnent aussi la rébellion et servent de réceptacle à un activisme contre la corruption des élites, l’autocratie militaire et la voracité des multinationales pétrolières.
Fondateur de l’organisation République de Kalakuta, il est victime de la répression et jeté en prison à plusieurs reprises avant d’être emporté par le sida en 1997.

Le documentariste américain Alex Gibney (Un taxi pour l’enfer, Oscar 2008 du meilleur film documentaire ; Mea maxima culpa) retrace, à l’aide d’un riche fonds d’archives en partie inédites, le destin flamboyant d’un homme qui a consacré sa vie à la musique et à la politique. Son héritage perdure, notamment à travers la carrière de son fils aîné, l’artiste Femi Kuti.

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